Au 1er juillet 2025, une nouvelle autorité LCB-FT dotée de pouvoirs de surveillance et d’enquête, contribuera à la lutte contre les réseaux de blanchiment. L’Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux (AMLA) marque un tournant radical. Cette entité européenne inédite dispose de moyens juridiques renforcés pour traquer les flux illicites dans la cryptosphère.
L’Union européenne frappe fort. Le 19 juin 2024, a été publié au Journal officiel de l’Union européenne un nouveau « paquet » de mesures anti-blanchiment des capitaux. Ce dispositif législatif s’accompagne de deux règlements et d’une directive pour verrouiller l’écosystème crypto.
Les chiffres qui font trembler
La réalité dépasse la fiction. Chainalysis a déclaré que 22,2 milliards de dollars ont été blanchis via la crypto en 2023, contre 31,5 milliards de dollars l’année précédente. Cette baisse de 30% cache une guerre invisible entre régulateurs et criminels.
Paradoxalement, les activités frauduleuses demeurent marginales. Selon une étude de Chainalysis, seulement 0,24 % des transactions crypto ont un lien avec des activités illicites. Un pourcentage dérisoire qui contraste avec l’urgence réglementaire européenne.
Le blanchiment mondial représente un gouffre économique
Un rapport de l’ONUDC de 2025 indique que seulement 1 % des flux financiers illicites sont détectés et saisis par les autorités… Selon le rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, 2 à 5 % du PIB mondial sont perdus chaque année à cause du blanchiment d’argent. Cela représente environ 2 000 milliards de dollars par an !
L’arsenal technologique se déploie
Les échanges centralisés restent dans le viseur. Dans l’ensemble, les échanges centralisés restent la principale destination des fonds envoyés à partir d’adresses illicites, à un taux qui est resté relativement stable au cours des cinq dernières années.. Ces plateformes deviennent les nouveaux champs de bataille numériques.
L’Europe impose la traçabilité totale. Les transferts de crypto-actifs devraient être tracés et identifiés pour éviter le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et d’autres crimes. Chaque transaction sera désormais scrutée, analysée, documentée.
Les méthodes criminelles évoluent
Les blanchisseurs innovent constamment. Les blanchisseurs d’argent utilisent diverses méthodes telles que les mixeurs de crypto-monnaies, les ponts inter-chaînes et les « sauts » entre les portefeuilles pour dissimuler le flux de fonds. Ces techniques sophistiquées défient les autorités traditionnelles.
La criminalité crypto prend de nouvelles formes. Selon nos statistiques actuelles, il semble qu’en 2024, la valeur reçue par les adresses de cryptomonnaie illicites ait chuté à un total de 40,9 milliards de dollars. Cette diminution apparente masque une professionnalisation accrue des réseaux.
L’efficacité en question
Le taux de réussite reste décevant. Malgré des investissements colossaux dans les technologies anti-blanchiment, les autorités ne saisissent qu’une fraction dérisoire des flux illicites mondiaux. Les 2 000 milliards de dollars blanchis annuellement échappent largement aux radars officiels.
L’Europe mise sur l’harmonisation. Un cadre réglementaire harmonisé au niveau mondial permet de lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent via les cryptomonnaies. Cette coordination internationale devient cruciale face à des criminels sans frontières.
Le futur de la surveillance sur le blanchiment
Les marchés financiers traditionnels augmentent leurs budgets. En outre, 44 % des banques ont signalé une augmentation de 5 à 10 % de leurs budgets. AML et BSA devraient augmenter leurs dépenses de 11 à 20 % en 2017. Cette escalade financière témoigne de l’ampleur du défi.
Voir aussi: Cybercriminalité 2025 : l’avalanche mafieuse qui menace l’écosystème digital
L’intelligence artificielle transforme la détection. Les algorithmes d’analyse comportementale scrutent désormais chaque micro-transaction suspecte. Cette révolution technologique pourrait inverser le rapport de force entre régulateurs et criminels.
La bataille ne fait que commencer. L’Europe lance son offensive la plus ambitieuse contre le blanchiment crypto, mais les enjeux dépassent largement les frontières continentales.